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Etat et ONG françaises: quelle coopération envisager? - Publié le 04/11/2011

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Le ministère des Affaires étrangères organise une conférence nationale sur l'action humanitaire française. - Mots-clefs : Etat, ONG, Coopération,


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Le 16 novembre prochain, se déroulera dans les locaux du Quai d’Orsay, à Paris, la Conférence Nationale Humanitaire (CNH), qui réunira à la fois les acteurs humanitaires et politiques, mais aussi des bailleurs, des chercheurs et des journalistes. Impulsée par le rapport Boinet – Miribel et soutenue par le GRUPC (Groupe de Réflexion sur les Urgences et le Post-Crise) – un groupe informel de réflexion constitué d’acteurs humanitaires et institutionnels – , la CNH est officiellement organisée par le ministère des Affaires Etrangères.

Le ministre français des Affaires Etrangères, Alain Juppé, et la Commissaire Européenne à l’Action Humanitaire, Kristalina Georgevia, seront présents à cette rencontre inédite. La perspective d’une rencontre de niveau ministériel centrée sur l’action humanitaire des ONG françaises est une opportunité stratégique loin d’être négligeable. Elle intervient dans une période où un simple rendez-vous avec un secrétaire d’Etat peut s’avérer impossible à obtenir, même pour les ONG.

Renforcer le dialogue entre l'Etat et les ONG

Au-delà des thématiques retenues, et qui sont exposées dans l’article d’Alain Boinet et de Benoît Miribel (lire l’article sur Grotius International), la question cruciale est de redéfinir des modalités de dialogue, et d’éventuels partenariats, avec l’Etat et les bailleurs, dans les respect des rôles et des responsabilités de chacune des deux parties.

Ces derniers temps, l’instrumentalisation – sémantique comme opérationnelle – de l’humanitaire à des fins politiques est devenue un enjeu de controverses permanentes entre les ONG humanitaires et l’Etat français, qu’il soit seul ou intégré à des organisations comme l’UE ou l’OTAN. S’il paraît naturel que l’Etat agisse selon des motivations politiques dans certaines crises, il doit assumer ses positions, sans se retrancher derrière un "alibi humanitaire" dont plus personne, y compris en dehors du monde des ONG, n’est dupe.

Il arrive toutefois que les objectifs politiques d’un gouvernement coïncident avec les objectifs humanitaires des ONG. On se retrouve alors devant une "convergence d’intérêts" qu’il serait parfois regrettable de minoriser. Lorsque ce n’est pas le cas, les ONG doivent pouvoir marquer leur différence d’appréciation et le dire aux autorités françaises pour qu’une inflexion s’opère, sans que le dialogue ne soit rompu pour autant.

La nécessité d'une indépendance financière

L’autre enjeu majeur est celui de la contribution financière de l’Etat français aux situations d’urgences et de post-crise. L’indépendance financière complète n’étant une réalité que pour un nombre très restreint d’organisations humanitaires, une discussion de fond sur les montants et les modalités d’attribution des financements disponibles pour ces terrains humanitaires complexes, s’avère nécessaire. Cela devrait également permettre à l’Etat français d’avancer une "stratégie de politique humanitaire" qui, pour gagner en lisibilité, mériterait d’avoir une déclinaison pluriannuelle.

La prochaine Conférence Nationale Humanitaire est surtout l’occasion, pour les ONG concernées, de montrer que la nature des relations à instaurer et à poursuivre avec les pouvoirs publics ne peut s’inscrire sur une feuille vierge: il nous faudra tourner une page avant d’en écrire une autre.

Pour les humanitaires, comme pour les autorités politiques et les bailleurs, il s’agit avant tout d’un test de maturité. Maturité des ONG permettant la tenue d’un dialogue qui accepte la contradiction pour éviter la rupture. Maturité des pouvoirs publics, notamment de l’Etat, qui respectent réellement l’indépendance politique et opérationnelles des ONG. Enfin, maturité des bailleurs, partenaires essentiels, qui ne réfléchissent plus selon la formule consacrée "qui paye, décide".

En quelque sorte, il s’agit de redéfinir le cadre des interactions possibles entre des entités plurielles aux objectifs et aux statuts multiples, conscientes de leurs différences, mais refusant aussi bien l’indifférence que l’instrumentalisation des unes par les autres. Bien qu’intéressant, le "partenariat" ne constitue pas la seule modalité d’interaction envisageable entre tous ces acteurs.

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Publié le 04/11/2011 10:18 par Portail-Humanitaire.org - Contacter l'auteur - Signaler un problème

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